El poeta y artista plástico Enán Burgos, radicado en Montpellier, Francia, ha traducido los poemas de la poeta y actriz Aude Courtiel desde la labor de su proyecto La CartoneraED.

EDITION BILINGUE  La cartoneraED

Versiones al español de Enán Burgos                                                           

             Poète. Diplômée du conservatoire d’art dramatique et de danse contemporaine. 

Aude Courtiel

Combien de temps vit un homme ?

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¿Cuánto tiempo vive un hombre?

AUDE COURTIEL

Je prends du soleil dans le ventre.

Ça pince fort le nombril de ma raison.

Ça pousse ma foi à la confession.

Et si je relâchais la peur entre les dents,

Suspendais la fuite quand je sens que je suis pleine.

Je pourrais exhausser cette place où l’avenir n’attend pas,

Saisir la femme sur le pont, accoucher du baiser latent

Muré de muscles qui me manquent,

Elans de vie des impudents.

Tomo el sol en el vientre

Lo que tanto pellizca el ombligo de mi razón

Lo que incita mi fe a la confesión.

Y si aflojaba el miedo entre los dientes,

Suspendía la fuga cuando siento que estoy plena.

Podría enaltecer aquel lugar en donde el futuro no espera,

Asir a la mujer sobre el puente, parir de un beso latente

Amurallado por músculos que me faltan,

Impulsos de vida de los impudentes.

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Dans ta grotte

Couver ta peau

Creuser

Fumer

Ça sort par les trous

Avec l’idée du jour

Sous l’étoile

En tu cueva

Incubar tu piel

Cavar

Fumar

Eso sale por los hoyos

Con la imagen del día

Bajo la estrella

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Une seule vie pour tenter. Arpenter. Creuser. Témoigner.

Tirer les fils. Les bons. Les borgnes. Discrets. Dans la rigole.

Déplier les yeux. Laisser couler.

Se laisser prendre. Pendre et tomber.

Résonner. Eclater la joie. Echos par tous les sens.

Pair. Impair. Chance pirate.

Sons à l’aventure, virent. Déverrouiller ?

Tourner, rouler. Jubiler. Instants volés. Garder l’émail un peu.

La vie rêvée.

Combien de temps vit un homme ?

Combien de temps est-il mort ?

Una sola vida para tantear. Apear. Cavar. Atestiguar.

Tirar los hilos, los buenos, los tuertos. Discretos. En la cuneta.

Desplegar los ojos. Dejar fluir.

Dejarse agarrar. Colgar y caer.

Resonar. Saltar de alegría, ecos por todos los sentidos.

Par, impar. Suerte pirata.

Sonidos en la aventura, viran. ¿Desbloquear?

Girar, rodar, gozar. Instantes robados. Conservar poco el esmalte.

Vida idealizada.

¿Cuánto tiempo vive un hombre?

¿Cuánto tiempo ha estado muerto?

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J’ai guetté les plis sur ta peau. Des jours des semaines entre un sourire et l’esquive. Des centimètres de nuages à boire. Et la peur d’échouer.

Parce que rien ne remplace l’absent. Que tout pourrait s’arrêter au silence. Que tu pourrais contourner le vent. Fermer les fenêtres. Tapisser l’être.

Pourquoi ne pas enfiler la tombe.

La mort n’est pas le silence. Tu pourrais aussi passer par les trous dans la porte. Remettre à plat les plis. Nommer l’espace. Du dehors du dedans. Tamiser le temps. Avant, maintenant.

J’ai plongé un papier entre tes doutes.

Qui sait si tu l’enveloppes comme un rêve.

Hurgué los pliegues bajo tu piel. Días semanas entre una sonrisa y la esquiva. Centímetros de nubes para beber. Y el miedo de fracasar.

Ya que nada remplaza al ausente. Que todo podría estancarse en el silencio. Que podrías contornar el viento. Cerrar ventanas. Tapizar el ser.

Por qué no arroparse con la tumba.

La muerte no es el silencio. Podrías también pasar por los agujeros de la puerta. Alisar los pliegues. Designar el espacio. Desde afuera desde adentro. Tamizar el tiempo. Antes, ahora.

Hundí un papel entre tus dudas.

¿Quién sabe si lo ciñes como un sueño?

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Femme à la mer

Combien de temps elle flotte ?

Combien de peaux ?

Des couches

Des plus ou moins vraies

Des plus ou moins fausses

Des promesses

Des effluves

De fauve

Des chiens des chiennes et du velours

À un poil près pointait le bruit du vent

Silence

Encore du temps

À la surface de la lune

Pour soutenir le foutre

Pour dilater la blessure

Prendre le large

À l’horizon qui sait, le chant des sirènes

Combien de temps flotte avant les sirènes ?

Femme marine à deux queues

En vie d’être en soi

En vie d’un toi

Mujer al agua

¿Cuánto tiempo flota?

¿Cuántas pieles?

Capas

Más o menos ciertas

Más o menos falsas

Promesas

Efluvios

De fiera

 De Perros, perras y de terciopelo

Apenas si percibía el ruido del viento

Silencio

Todavía queda tiempo

En la superficie de la luna

Para sustentar el semen

Para dilatar la herida

Irse

Sobre el horizonte tal vez, el canto de las sirenas

¿Cuánto tiempo flotando antecedía las sirenas?

Náutica mujer con dos colas

En vida ser en sí 

En vida ser en ti  

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Bruit de peaux entre les flammes

Pas de larmes consumées

De cris à l’aveugle

Mais le murmure d’un ruisseau qui fume

Jusque dans la bouche

Jusque dans l’iris

Chance

Incandescence

Le désir dilatait le rêve

Est-il encore chaud ?

Ruido de pieles entre las llamas

Ninguna lágrima dilapidada

Gritos a ciegas

Pero el murmullo de un arroyo que humea

Hasta la boca  

Hasta el iris

Suerte

Incandescencia

El deseo dilataba el sueño

¿Aún está fogoso?

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Heureuse à contre-courant

Rire et se taire

Maintenir les dents blanches

Silencieuses

Aimer sans volonté

Feliz a contracorriente

Reír y callarse

Mantener los dientes blancos

Taciturnos

Amar sin brío

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Carcasse d’amour croquée à l’encre bleue

Nage ou crève

Cœur imbécile

Esqueleto de amor esbozado con tinta azul

Nada o muere

Corazón imbécil

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Je dessine un trèfle dans le creux de ta hanche

J’impose ma vérité à trois mots

Et te laisse le coup libre

Pour planter mon paysage

Dibujo un trébol en el hueco de tu cadera

Impongo mi verdad de tres palabras

Y te dejo el palo libre

Para plantar mi paisaje

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J’ai ouvert la porte. Lit vide. Le chien qui hurle. Odeur de vin, vile. La télé vit en sourdine.

Bain rouge. Tête noire. Tes poils dans la mare.

Touchée, coulée chair insolite, solitaire. Ça quitte les os.

Je peux sucer ton fantôme entre mes doigts. Le frapper tellement c’est dur sous ton jean.

Souvenir de tes dents. Sourire qui perfore le ciel. Trace tes lignes blanches au paradis.

Même averti du paysage. Les mouches tournent encore dans ma tête.

Abrí la puerta. Catre vacío. El perro que aúlla. Olor a vino, vil. La televisión puesta en sordina.

Baño rojo. Cabeza negra. Tus pelos en el charco.

Tocada, hundida carne inaudita, solitaria. Deja los huesos.

Tu fantasma puedo chupar entre mis dedos. Golpearlo tanto, rudo es bajo tu bluyín.

Recuerdo de tus dientes. Sonrisa que abre el cielo. Traza tus líneas blancas en el paraíso.

Aunque al corriente del paisaje. Las moscas giran aún en mi cabeza.

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Amour               Abstraction

Aucune parcelle ne survivra

Parce que rien n’existe dans les veines

Que du sang, pauvre, riche

Pas un poumon pour gonfler des joues

Pas de traits dans le cœur pour lever des sourcils

Des artères de la graisse des muscles et des sillons

Pas une place pour personne

Ta face pilée au porte-voix

La poésie est dans la tête

Et la trachée est pleine de paroles

Amor                Abstracción

Ninguna parcela sobrevivirá

Porque nada existe en las venas

Sólo sangre, pobre, rica

Ningún pulmón para inflar mejillas

Ningunos trazos en el corazón para alzar cejas

Arterias de la grasa de músculos y surcos

Ningún sitio para nadie

Tu cara apachurrada contra el portavoz

La poesía en la cabeza

Y la tráquea llena de voces

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Aude Courtiel nació en Nîmes (Francia) en 1987.

Titulada del conservatorio de danza y de arte dramático de Nîmes, titulada también como profesora de danza contemporánea, sigue en paralelo estudios de literatura y de filosofía en las universidades de Montpellier y de Málaga. Hoy se dedica enteramente a la escritura y a la coreografía. La casa editorial Sansouire le publica dos libros de poemas, La loca amaranta en 2012 y Mujer al agua en 2016. Sus textos se encontran también en revistas y en espectàculos vivos de teatro-poesía o poesía musical.  .

Aude Courtiel est née à Nîmes (France) en 1987.

Diplômée du conservatoire de danse et d’art dramatique de Nîmes, diplômée d’État en tant que professeur de danse contemporaine, elle poursuit en parallèle des études en littérature et philosophie aux universités de Montpellier et de Málaga. Aujourd’hui, elle se consacre entièrement à l’écriture et à la chorégraphie. Elle publie avec les éditions Sansouire deux recueils de poèmes, La folle amarante en 2012 puis Femme à la mer en 2016. Elle est publiée également dans des revues et ses textes sont représentés dans des spectacles vivants de théâtre-poésie ou poésie musicale.